Pérou : le future de Veronika Mendoza et le passé de Keiko Fujimori, reportage de Cristiano Morsolin

Paris contra Keiko fujimori abril 2016

Environ 50.000 personnes ont manifesté mardi soir à Lima contre la candidature de Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) emprisonné et favorite de l’élection présidentielle au Pérou, à cinq jours du scrutin.

Au cri de «Fujimori plus jamais», la foule, des jeunes majoritairement, s’est rassemblée sur la place San Martin, dans le centre de la capitale, avant de défiler dans le calme jusqu’au siège de la commission électorale.

Les collectifs réunis sous le nom de «Non à Keiko» qui organisent cette marche n’avaient pas choisi la date du 5 avril par hasard: elle correspond à l’anniversaire de l’«autogolpe».

Faute de majorité, le 5 avril 1992, avec l’appui des forces armées, Fujimori père avait dissous le parlement et suspendu la constitution. En novembre, il avait convoqué des élections à une constituante. Une nouvelle constitution avait été adoptée un an plus tard, avant qu’il ne soit réélu en 1995.

Rocío Silva Santisteban, membre de la Coordinadora nacional de derechos humanos, a récemment remarqué que les termes utilisés dans le Rapport final CVR pour qualifier les faits de violence, c’est-à-dire « conflit armé interne », « violence politique », « terrorisme » et « guerre populaire » sont dénaturés par ceux que j’appellerai les négationnistes. Certains groupes avancent en effet que le Rapport final accuse les forces armées d’avoir déclenché le conflit, et retire toute responsabilité aux organisations subversives, le Parti communiste du Pérou et le Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru. Et l’utilisation des expressions issues du Rapport final [conflit armé interne, guerre interne] suffit à déclencher les invectives des négationnistes ; comme celle qu’a reçue Rocío Silva via Tweeter, et qu’elle dénonce . Le négationnisme actuel face à la guerre interne est né de campagnes de diffamation organisées par le régime d’Alberto Fujimori et de son bras droit, Vladimiro Montesinos, tous deux emprisonnés pour de longues peines. Mais s’il se reproduit, et contamine aussi les jeunes nés dans les années 1990, c’est en raison de l’absence totale de reconnaissance du Rapport final par l’État, a minima comme constat historique de base.

Ces jours-ci, le mot d’ordre de la marche a largement circulé sur les réseaux sociaux : «Keiko, ca va pas !». La manifestation était soutenue par Veronika Mendoza,  franco-péruvienne de par sa mère et elle est candidate aux élections présidentielles du Pérou.

Chef de file d’un Front de gauche à la péruvienne, Veronika Mendoza, n’en démord pas, répondant attaque après attaque, à ses détracteurs. Elle appelle notamment  à la rédaction d’une nouvelle constitution, qu’elle considère « être le produit de la dictature », une constitution « fruit du débat et du consensus représentant le peuple péruvien ». Veronika Mendoza entend faire en sorte que l’Etat reprenne l’ensemble des ses prérogatives régaliennes, trop longtemps abandonnées. Etat fort et moderne, garantie du respect des droits des citoyens, laïcité, lutte contre la corruption, planification dans le développement économique ou encore le respect des écosystèmes et de l’environnement, sont autant d’ancrages forts dans les propositions politiques de la leader du « Frente Amplio ».

La trentenaire apporte une voix sensiblement différente en terme de propositions politiques dans un pays qui n’a pas encore tiré un trait sur les années de gestion d’Alberto Fujimori. Alors que la croissance économique de ces dernières années n’a pas profité à l’ensemble des péruviens,  elle est une voix qui dénote pour celle qui aspire à un « nouveau Pérou ». Le pays qui est parmi les plus grands exportateurs de cuivre, d’or, d’argent notamment au monde a bénéficié d’un regain de vitalité sur les marchés internationaux sauf qu’un Péruvien sur deux vit encore aujourd’hui avec moins de 3 euros/jour et n’a pas accès à l’eau potable.

Reportage de Cristiano Morsolin :

Preocupación en Europa por el posible regreso a Perú de un régimen autoritario fujimorista

El futuro de Verónika Mendoza y el pasado de Keiko Fujimori

http://www.alainet.org/es/articulo/176541

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